Notes de travail

BOXE

 

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La vie arbitre le ring, de la réussite au désastre, gloire et bientôt déchéance.

Tomber, se relever, danser, recommencer.

Chacun vacille, chacun résiste.

 

 

A LA MÉMOIRE DE ANAÏS

 

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Tous les ans, le 26 octobre, à la rubrique « Anniversaire de décès », on peut lire dans le Carnet du Monde :

 

Il y a .... ans, le 26 octobre 1996, Anaïs, quatre ans, était tragiquement arrachée à la vie seule, abandonnée par celles et ceux chargés de veiller sur elle et de la secourir.

Ni oubli ni pardon.

 

En 2005, alors que j’avais déjà lu cette annonce plusieurs années de suite, j’ai envoyé un courrier au journal, à l’intention de l’auteur de l’annonce.
Un an après, le père d’Anaïs m’a téléphoné. Il m’a dit avoir lu ma lettre avec émotion. Il était d’accord pour me rencontrer.

Il n’habite pas à Paris. Nous nous sommes vus une seule fois, dans un café de Montparnasse. Il m’a raconté l’histoire tragique de la mort de sa fille et m’a autorisé à en parler sous la forme de mon choix.
Avant de quitter le café, il m’a remis une photo en couleur : Anaïs peu de temps avant sa mort. Debout sur une plage de sable foncé, tout habillée, pieds nus, elle brandit, en conquérante, une pelle rouge.

 

 

LES REVERIES DU PROMENEUR SOLITAIRE,

Extrait de la seconde promenade, Rousseau.


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Mon après-midi se passa dans ces paisibles méditations, et je m'en revenais très content de ma journée, quand au fort de ma rêverie j'en fus tiré par l'événement qui me reste à raconter. J'étais sur les six heures à la descente de Ménilmontant presque vis-à-vis du Galant Jardinier, quand, des personnes qui marchaient devant moi s étant tout à coup brusquement écartées je vis fondre sur moi un gros chien danois qui, s'élançant à toutes jambes devant un carrosse, n'eut pas même le temps de retenir sa course ou de se détourner quand il m'aperçut. Je jugeai que le seul moyen que j'avais d'éviter d'être jeté par terre était de faire un grand saut si juste que le chien passât sous moi tandis que je serais en l'air. Cette idée plus prompte que l'éclair et que je n'eus le temps ni de raisonner ni d'exécuter fut la dernière avant mon accident. Je ne sentis ni le coup ni la chute, ni rien de ce qui s'ensuivit jusqu'au moment où je revins a moi. Il était presque nuit quand je repris connaissance. Je me trouvai entre les bras de trois ou. quatre jeunes gens qui me racontèrent ce qui venait de m'arriver. Le chien danois n'ayant pu retenir son élan s'était précipité sur mes deux jambes et, me choquant de sa masse et de sa vitesse, m'avait fait tomber la tête en avant : la mâchoire supérieure portant tout le poids de mon corps avait frappé sur un pavé très raboteux, et la chute avait été d'autant plus violente qu'étant à la descente, ma tête avait donné plus bas que mes pieds.

Le carrosse auquel appartenait le chien suivait immédiatement et m'aurait passé sur le corps si le cocher n'eût à l'instant retenu ses chevaux. Voilà ce que j'appris par le récit de ceux qui m'avaient relevé et qui me soutenaient encore lorsque je revins à moi. L'état auquel je me trouvai dans cet instant est trop singulier pour n'en pas faire ici la description.

La nuit s'avançait. J'aperçus le ciel, quelques étoiles, et un peu de verdure. Cette première sensation fut un moment délicieux. Je ne me sentais encore que par 1à. Je naissais dans cet instant à la vie, et il me semblait que je remplissais de ma légère existence tous les objets que j'apercevais. Tout entier au moment présent je ne me souvenais de rien ; je n'avais nulle notion distincte de mon individu, pas la moindre idée de ce qui venait de m'arriver ; je ne savais ni qui j'étais ni où j'étais ; je ne sentais ni mal, ni crainte, ni inquiétude. Je voyais couler mon sang comme j'aurais vu couler un ruisseau, sans songer seulement que ce sang m'appartînt en aucune sorte. Je sentais dans tout mon être un calme ravissant auquel, chaque fois que je me le rappelle, je ne trouve rien de comparable dans toute l'activité des plaisirs connus.

On me demanda où je demeurais ; il me fut impossible de le dire. Je demandai où j'étais, on me dit, à la Haute-Borne, c'était comme si l'on m'eût dit au mont Atlas. Il fallut demander successivement le pays, la ville et le quartier où je me trouvais. Encore cela ne put-il suffire pour me reconnaître ; il me fallut tout le trajet de là jusqu'au boulevard pour me rappeler ma demeure et mon nom. Un monsieur que je ne connaissais pas et qui eut la charité de m'accompagner quelque temps, apprenant que je demeurais si loin, me conseilla de prendre au Temple un fiacre pour me reconduire chez moi. Je marchais très bien, très légèrement sans sentir ni douleur ni blessure, quoique je crachasse toujours beaucoup de sang. Mais j'avais un frisson glacial qui faisait claquer d'une façon très incommode mes dents fracassées. Arrive au Temple, je pensai que puisque je marchais sans peine il valait mieux continuer ainsi ma route à pied que de m'exposer à périr de froid dans un fiacre. Je fis ainsi la demi- lieue qu'il y a du Temple à la rue Plâtrière, marchant sans peine évitant les embarras, les voitures, choisissant et suivant mon chemin tout aussi bien que j'aurais pu faire en pleine santé. J'arrive, j'ouvre le secret qu'on a fait mettre à la porte de la rue, je monte l'escalier dans l'obscurité et j'entre enfin chez moi sans autre accident que ma chute et ses suites, dont je ne m'apercevais pas même encore alors.

 

INSTALLATION BÉNÉDICTE VINCENS


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En novembre 2007, la mairie du IV° arrondissement accueillait mon installation « DISPARUE », autour de mon livre Bénédicte Vincens, disparue qui venait d’être publié (Edite, 2007).

Bénédicte Vincens a disparu de son domicile parisien la nuit du 26 février 2000. Son studio était en flammes, des voisins l’ont aperçue qui dévalait l’escalier, pieds nus… Personne ne l’a jamais revue. Elle avait vingt-sept ans, était jolie, entourée d’amis.

 

Grâce à une petite annonce parue dans Libération, j’ai pu contacter ses parents. Ils m’ont donné accès aux carnets personnels de la jeune femme, à ses courriers, à ses étranges photographies prises dans Paris. J’ai entrepris une recherche, suivi ses traces, et finalement écrit ce livre.

Mon installation dans la mairie du IV° suivait ce parcours, cette enquête. J’évoquais Bénédicte, sa vie, sa disparition, le vide et les questions qu’elle a laissés derrière elle. Avec l’accord de sa famille j’ai exposé des objets personnels, j’ai recrée son univers de jeune femme parisienne qui aimait la photo, l’artiste Sophie Calle et les nuits festives.

 

 

 


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